La politique coloniale de la France
à l'époque révolutionnnaire (2ème partie)
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La politique Coloniale de la France à l'époque révolutionnnaire

1 - Notes sur le débat colonial en France à la veille de la Révolution
2 - L'évolution du statut des colonies sous la Révolution
3 - Bonaparte et les colonies
4 - Bonaparte veut rétablir l'ancien régime colonial
5 - Bonaparte et la question de l'esclavage

 

 

Si la Constituante, dans la foulée de la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen, n'ose pas aller jusqu'à abolir l'esclavage, elle ne se désintéresse pas pour autant de la question coloniale.

Dès mars 1790, les Assemblées coloniales, créées deux ans plus tôt, sont habilitées à émettre des vœux et la liberté du commerce, tant réclamée par les colons, est facilitée. Les colonies sont, par ailleurs, autorisées à envoyer en France des délégués, puis leurs députés sont invités à participer au Comité colonial. En 1791, la création d'un ministère spécial des colonies est même envisagée mais se heurte à l'hostilité des colons dont les prétentions suscitent la vive réaction de Robespierre :
"Périssent les colonies si les colons veulent, par les menaces, nous forcer à décréter ce qui convient le plus à leurs intérêts. Je déclare au nom de la nation entière, qui veut être libre, que nous ne sacrifierons pas aux députés des colonies ni la nation, ni les colonies, ni l'humanité entière".

Sous la Législative, une timide avancée est opérée en direction des seuls libres de couleur auxquels l'on accorde, le 24 mars 1792, l'égalité des droits civils et politiques avec les blancs. Il faut donc attendre la Convention pour avoir des réformes structurelles réelles, avec la réglementation de la traite le 27 juillet 1793 et, surtout, la loi du 16 pluviose an 2 qui abolit l'esclavage dans les colonies. La Convention privilégie une politique d'assimilation des colonies. La Constitution de l'an 3 décrète, dans son article 6 :
"Les colonies sont partie intégrante de la République et sont soumises aux même lois constitutionnelles. A ce titre, elles sont érigées en départements et l'on abolit les douanes entre la France et l'outremer."

Toutefois, Victor Hugues se refuse à appliquer cette Constitution à la Guadeloupe, la jugeant inadaptée et dangereuse.

Sous le Directoire, avec le retour au pouvoir de bon nombre de nostalgiques de l'Ancien Régime, chauds partisans de l'expansion coloniale, on constate un premier infléchissement de la politique du pouvoir métropolitain : on réglemente les obligations des propriétaires et des cultivateurs et l'on entame le rappel des fugitifs dont on commence à favoriser la restitution des biens confisqués. La brutalité des mesures prises sous le Consulat ne tardent pas à amener dans les îles des changements radicaux au point d'y susciter rébellions et répressions.

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