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- Notes sur le débat colonial en France à
la veille de la Révolution
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Si la Constituante, dans la foulée de la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen, n'ose pas aller jusqu'à abolir l'esclavage, elle ne se désintéresse pas pour autant de la question coloniale. Dès
mars 1790, les Assemblées coloniales, créées deux ans plus tôt, sont habilitées
à émettre des vœux et la liberté du commerce, tant réclamée par les colons,
est facilitée. Les colonies sont, par ailleurs, autorisées à envoyer en
France des délégués, puis leurs députés sont invités à participer au Comité
colonial. En 1791, la création d'un ministère spécial des colonies est
même envisagée mais se heurte à l'hostilité des colons dont les prétentions
suscitent la vive réaction de Robespierre : Sous
la Législative, une timide avancée est opérée en direction des seuls libres
de couleur auxquels l'on accorde, le 24 mars 1792, l'égalité des droits
civils et politiques avec les blancs. Il faut donc attendre la Convention
pour avoir des réformes structurelles réelles, avec la réglementation
de la traite le 27 juillet 1793 et, surtout, la loi du 16 pluviose an
2 qui abolit l'esclavage dans les colonies. La Convention privilégie une
politique d'assimilation des colonies. La Constitution de l'an 3 décrète,
dans son article 6 : Toutefois, Victor Hugues se refuse à appliquer cette Constitution à la Guadeloupe, la jugeant inadaptée et dangereuse. Sous le Directoire, avec le retour au pouvoir de bon nombre de nostalgiques de l'Ancien Régime, chauds partisans de l'expansion coloniale, on constate un premier infléchissement de la politique du pouvoir métropolitain : on réglemente les obligations des propriétaires et des cultivateurs et l'on entame le rappel des fugitifs dont on commence à favoriser la restitution des biens confisqués. La brutalité des mesures prises sous le Consulat ne tardent pas à amener dans les îles des changements radicaux au point d'y susciter rébellions et répressions. |
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