| Les
Swarès bèlè du Nord Atlantique (1)
de la Martinique
Les
swarès bèlè sont des veillées
dans lesquelles les gens se réunissent pour pratiquer ce
qu’ils appellent de manière générale
le bèlè. La musique bèlè
peut être définie comme un genre musico-chorégraphique
associant les voix, les percussions et la danse.
L’instrumentation comprend une paire de tibwas (baguettes
frappant le corps du tambour) et deux tambours bèlè
jouant à tour de rôle. Le chant est exécuté
sur une forme responsoriale et se compose d’un chanteur soliste
et d’un chœur formé par un petit groupe de personnes.
Les swarès
bèlè ne sont pas des événements
simples dans la mesure où elles transcendent le simple amusement.
Elles représentent au-delà du divertissement musical
un point d’ancrage d’une tradition longtemps refoulée
et dénigrée et qui, depuis les années 1970,
est en constante évolution. La musique des swarès
bèlè est une musique de campagne, qui, contrairement
à de nombreux genres musicaux, fait encore partie d’une
tradition bien vivante. Il est important de préciser qu’avant
la seconde guerre mondiale, les musiques traditionnelles de campagne
étaient nombreuses et accompagnaient le quotidien des habitants.
Aujourd’hui cela n’est plus vrai car toutes les musiques
liées au travail ont quasiment disparu.
On peut notamment citer la fouytè (terrassement
et travaux des champs), le gran son (labourage), le mazonn
(sillonnage et ensemencement), le grajé manniok
(râper le manioc), lariyè léza (musique
pour damer le cacao et la terre), le la vwa bèf…

Ces musiques étaient essentiellement jouées à
base d’instruments à percussions et de chants.
Seules
les musiques qui accompagnaient les heures de repos sont encore
pratiquées régulièrement aujourd’hui
en soirée et lors de fêtes : le bèlè
du Nord atlantique, la haute-taille, le lancier
…, elles peuvent être uniquement instrumentales ou mixtes,
mais jamais exclusivement vocales.
Le bèlè du sud et le chouval-bwa
sont encore pratiqués mais de manière ponctuelle,
dans un processus de revalorisation d’un patrimoine en perdition.
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