La
musique bèlè, comme nous l’avons vu,
se perpétue actuellement grâce aux anciens, aux groupes
folkloriques et aux associations. Parallèlement, on peut
distinguer trois types de musiciens : les anciens, les professionnels
et les musiciens issus du mouvement associatif.
Les
anciens sont les musiciens « spécialistes » qui
se considèrent eux même comme tels et dont l’activité
spécifique est reconnue par tous les autres musiciens. Généralement
les anciens véhiculent une image de «référent
» de la tradition bèlè. Ce sont pour la plupart
des ouvriers agricoles et des travailleurs dont la musique et la
danse rythment le temps libre.
Les
professionnels sont aujourd'hui peu nombreux si l’on considère
un musicien professionnel lorsqu’il obtient toute sa subsistance
de son activité musicale. Certains musiciens ou danseurs
appartenant aux troupes folkloriques sont rémunérés
par les structures dans lesquelles ils interviennent tels les restaurants,
les hôtels ou les communes lors des fêtes patronales.
On
ne peut pas dire que le métier de musicien se soit développé
en ce qui concerne la musique bèlè et à
proprement parler aucun musicien bèlè ne
vit de sa musique. Si c’est le cas c’est alors de manière
détournée, c’est à dire soit par le biais
de son enseignement, soit à travers le commerce qu’il
engendre (fabrication de tambours, production de disque…).
Un autre facteur important dans le fait que cette musique ne se
soit pas professionnalisée est le développement important
qu’ont connu les musiques traditionnelles urbaines.
On peut affirmer que d’une certaine manière elles ont
occulté de par leur omniprésence les musiques rurales,
et donc du bèlè, nuisant à sa professionnalisation.
En effet, depuis les années 1930, les musiques urbaines tel
la biguine et la mazurka ont monopolisé l’attention
des médias et du public martiniquais. Leur image plus moderne
et le fait aussi que ces musiques aient connu la faveur du public
occidental ont favorisé leur développement.
Les musiciens et les danseurs qui évoluent principalement
dans un contexte associatif peuvent aussi bien être agriculteurs
qu’instituteurs et ont en commun le souhait de participer
au développement de la musique bèlè
au-delà de tout critère social.
La musique bèlè est un univers principalement
masculin. En effet, les femmes ne jouent pas des instruments, leur
rôle est à la danse et au chant (dans le groupe des
répondeurs), et très rarement au chant soliste ; une
seule femme aujourd’hui chante le bèlè).
C’est un fait clairement défini mais qui reste dans
le domaine du non dit.
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Depuis
quelques temps, certaines femmes apprennent les techniques
de jeu du tambour bèlè. Elles ne tambourinent
pas lors des swarès bèlè, par
contre on peut les voir parfois jouer du tibwa. Ce
phénomène témoigne une fois de plus du
processus d’évolution dans lequel se trouve la
musique bèlè.
En
résumé, si la reconnaissance des musiciens bèlè
ne se fait pas de façon lucrative, elle est interne
au groupe que forment tous les gens participants à
la vie musicale bèlè. |
Siméline
Rangon : l’unique chanteuse soliste, maître incontesté
du
chant bèlè (chanteuse), Félix Casérus
(tambouyé), les frères Benoît et Paul
Rastocle (chanteur et tambouyé).
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Les
grands tambouyés, chanteurs et danseurs qui ont
marqués l’histoire de cette musique sont reconnus comme
étant des références, des modèles de
la tradition à suivre, qu’ils soient contemporains
ou non. Les musiciens les nomment «les anciens» ou «les
maîtres» et actuellement, de grands noms participent
toujours à la vie musicale bèlè : Siméline
Rangon.
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