LES ANTILLES À « LA CANNE À SUCRE »
C’est en décembre 1944 qu’un couple de métropolitains associés au Martiniquais Charles Kennibol ouvrent à Montparnasse "La Canne à Sucre", bar-restaurant tout d’abord puis cabaret à partir de juillet 1945. Ce lieu légendaire, auquel le nom de Moune de Rivel est attaché depuis le début, sera pendant plus de 50 ans l’ambassade des Antilles à Paris. S’y succèderont les orchestres de Pierre Louiss (1945-46), Ernest Léardée (sep.-oct. 46), Sam Castendet (nov. 46 - nov. 51), Emmanuel Jude (1951-54). Puis l’animation du cabaret sera reprise durant des années par Gérard La Viny.
La Canne à Sucre est aussi le lieu où arrivent à Paris les nouvelles danses de la Caraïbe. Ainsi, en décembre 1955, y présente-t-on pour la première fois le merengue, rythme qui fait fureur outre-Atlantique. C’est à la Canne à Sucre aussi que seront lancés le calypso et la danse du limbo.
PRINCIPAUX ORCHESTRES ANTILLAIS DE L’APRÈS-GUERRE
Dans les mois qui suivent la Libération, les orchestres de danse se reforment et jouent dans de multiples lieux comme "Le Potomac Club" (Ernest Léardée, Pierre Louiss), "Chez Mimi Pinson" (Félix Valvert), "La Cigale" (Sam Castendet), "La Coupole" (Félix Valvert), le dancing "Chez Maxe" sur les bords de Marne (Ernest Léardée), "La Villa d’Este" et le "Pavillon d’Armenonville" (Sam Castendet)… On y voit souvent des soldats Américains. Le Bal Blomet rouvre ses portes et l’on y retrouve le pianiste Louis Jean-Alphonse alias Alphonso avec le clarinettiste Michel Berté, bientôt suivi de Loulou Mogère puis Honoré Coppet. Les orchestres antillais participent à de nombreux galas de bienfaisance au profit des déportés et des anciens prisonniers de guerre. Tout au long des années cinquante, la biguine se dansera encore au "Bikini" (Eugène Dorent, Honoré Coppet), aux "Triolets Antillais" (Louis Mogère), au "Caraïbe" (Marcel Clodomir)… sans compter les nombreux bals d’associations dans les mairies de Paris. La Cigale, près de Pigalle, reste le fief du jazz antillais. Al Lirvat, classé premier trombone français en 1945, en sera le chef d’orchestre durant 5 ans à partir de 1955.
Les années cinquante voient aussi l’essor des nouvelles danses afro-cubaines et latino-américaines : mambo, cha cha cha, baïon… Ernest Léardée en sera l'un des artisans les plus actifs. Le merengue trouve son succès avec les disques volcaniques gravés en 1955 par les orchestres de Gérard La Viny et de Barel Coppet. Quant à la biguine, durant les années cinquante et soixante, elle est popularisée dans les bals du samedi soir de la France entière par l’orchestre d’Alphonso et ses Antillais. Sans oublier l’orchestre de Pierre Louiss qui, de 1947 à 1963, avec Barel Coppet jusqu’en 1949, jouera dans les grands hôtels de France, de Suisse, du Danemark, du Maroc… avant d’animer les casinos des grandes stations balnéaires françaises. Félix
Valvert, après avoir quitté La Coupole fin 1946,
ne tardera pas à partir pour de longues tournées à
l’étranger, principalement dans les pays scandinaves, jusqu’en
1962.
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Auteur
: Jean-Pierre MEUNIER
Iconographie : collection J-P Meunier
© Médiathèque Caraïbe / Conseil Général
de Guadeloupe , 2005
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