www.lameca.org


PERROQUET de GUADELOUPE Amazona Violacea (Gmelin 1788)
Description - Biologie - Date et causes de la disparition
voir aussi : Les PSITTACIDÉS dans la CARAÏBE
La PERRIQUE de GUADELOUPE
L'ARA de GUADELOUPE

 

SYSTÉMATIQUE
Règne : Animal
Phylum : Cordés
Subphylum : Vertébrés
Classe : Oiseaux
Ordre : Psittaciformes
Famille : Psittacidés
Genre : Amazona
Espèce : Guadeloupensis
Nom latin :
Amazona Violacea
Nom commun français :
Perroquet de Guadeloupe
Nom commun anglais :
Guadeloupe Amazon
Nom commun allemand :
Veilchenamazone


DESCRIPTION


Cette espèce ressemblait apparemment à l’Amazona imperialis sauf qu’il lui était supérieur en taille et avait l’œil cerné de rouge et « cere » au lieu de gris. Le Père Labat dans son « Histoire Général des Antilles habitées par les François », nous en offre une description très précise :

(…) « gros comme une poulle, il a le bec et les yeux bordez d’incarnat : toutes les plumes de la teste, du col, et du ventre, sont de couleur violette, un peu meslée de verd et de noir, et changeantes comme la gorge d’un pigeon : tout le dessus du dos est d’un verd fort brun , trois ou quatre des maîstresses plumes de ses aisles sont noires, toutes les autres sont jaunes, vertes et rouges. Il a sur les deux gros des aisles, deux belles roses composées des mêmes couleurs. » (…)



BIOLOGIE

Le Père Du Tertre nous livre quelques informations sur la nidification de ce psittacidé :

« (…) Il fait son nid tout de mesme que l’Arras. J’en ay veu deux privez qui firent leur nid dans un grand arbre, à cent pas de nostre case : le masle et la femelle couvoient alternativement leurs œufs, et venoient l’un après l’autre chercher à manger à la case, où ils amenèrent leurs petits quand ils furent en état de chercher leur vie. (…) »


Son régime alimentaire était comme la plupart des membres de cette famille, frugivore. Mais à l’opposé de l’Ara de Guadeloupe, Du Tertre nous signale qu’il ne se nourrit en aucune circonstance du fruit du mancenillier Hippomane mancenilla.



DATE et CAUSES de la DISPARITION


La disparition de l’Amazona violacea a eu lieu au cours du XVIIIème siècle et a été causée par la chasse excessive dont il a fait l’objet par les colons européens.

Le Perroquet de Guadeloupe était un gibier très prisé. En amateur de bonne chair, le Père Tertre nous apprend ainsi que la chair de ce volatil contractait l’odeur du fruit ou de la graine ingérée :

« (…) Le goust de sa chair est excellent mais changeant selon la qualité de la nourriture qu’il prend / car s’il mage de la graine de bois d’Acajou, sa chair a un goust d’ail assez agréable ; s’il mange de la graine de bois d’Inde, elle sent le cloud de girofle et la cannelle ; si ce sont des graines amères, il devient amer comme fiel quand il mange de la Ienipa, sa chair devient toute noire mais elle ne laisse pas d’estre de très bon goust ; mais lors qu’il se nourrit de prunes de Momins, de Cachimas et de Goüyaves, il devient si gras qu’il semble n’estre qu’un morceau de graisse, et alors nos François qui en font une estrange dégast , sont contraints de tirer la graisse de la marmite avec une cuillère à pot, afin que l’on en puisse manger le pottage. (…) »

Goyavier, cachiman et mombin (de gauche à droite).
Extrait des planches illustrées originales parues dans "Histoire générale des Antilles habitées par les François" du Révérend Père Du Tertre.

Remarque : ambiguïté du cas de l'Anodorhynchus purpurascens

Cette espèce décrite par Rothschild (1905) d’après quelques lignes de Don de Navaret, était entièrement pourpre avec les ailes bordées de rouge. Mais d’après Snyder, Wiley et Kepler (dans leur ouvrage « The parrots of Luquillo »), cette description semble plutôt basée sur celle de l’Amazona violacea ou d’un spécimen d’Anodorhynchus hyacinthus voire d’une des espèces d’Aras violets d’Amérique du Sud. Cette hypothèse semble d’autant plus plausible que ni Du Tertre ou Labat n’en font mention dans leurs récits.

Haut de la page

SOMMAIRE