| SYSTÉMATIQUE |
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| DESCRIPTION |
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Christophe
Colomb, dans le récit de ses voyages - extrait de "Christophe
Colomb Œuvres Complètes" Edition établie
et présentée par Consuelo Verola et Juan Gil traduit
de l'espagnol par Jean-Pierre Clément et Jean-Marie Sainte-Lu
- fut probablement parmi les premiers à mentionner cet Ara
de Guadeloupe quand il écrivit :
Ara
Macao. © http://www.cogsci.indiana.edu |
"
(...) Ils apportèrent des perroquets de deux ou trois sortes
et particulièrement de cette grande espèce qu'on
trouve dans l'île de la Guadeloupe, et qui ont une longue
queue (...)".
Plus
tard, les Pères Labat (1742) et Du Tertre (1654, 1658, 1667,
1671) le décrivirent avec bien plus de détails.
C'est
le Père Du Tertre qui le considérait comme "
le plus beau et le plus grand de tous les perroquets des Isles "
qui nous en offrit la description la plus précise :
"(...) Il a la teste, le col, le ventre et le dessus du dos,
de couleurs de feu : ses aisles sont meslées de plumes
jaunes, de couleur azur, et de rouge cramoisy : sa queüe
est toute rouge et longues d'un pied et demy"(...)
En
regard de cette description, l'Ara guadeloupensis était assez
proche de l'Ara macao d'Amérique du Sud, sauf que la queue
du premier était plus petite et d'un rouge vif. Il semble,
par ailleurs, plutôt dériver de l'Ara macao spécialement
au vu de la présence actuelle de ce dernier à Trinidad
non loin du Sud.
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| DISTRIBUTION
GÉOGRAPHIQUE |
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Son aire de
répartition géographique se limitait selon
le Père Pinchon (1976) à la Guadeloupe continentale.
Son régime alimentaire était à la base de
graines, de fruits et même quand la nécessité l'exigeait
du fruit vénéneux du mancenillier (Hippomane
mancenilla)
comme l'atteste le Père Du Tertre :

Mancenillier ((Hippomane mancenilla) |
" (...)
Cet oyseau vit de graines et de quelques fruits qui croissent
sur les arbres et mesme quelquefois dans la nécessité de
pommes de Mancenille, ce qui est un très subtil et très
caustic poison aux autres animaux (...) ".
A
ce propos ce détail nous donne indirectement des précisions
sur sa répartition : En effet, d'après C. Montbrun
(1984), les mancenilliers constituaient l'une des essences dominantes
des bois xérophiles qui couvraient l'étage inférieur
du versant sous le vent de la Guadeloupe volcanique (Basse-Terre)
jusqu'à une altitude voisine de 250 mètres ainsi
qu'une grande partie de la Grande Terre. Les aras pouvaient donc
habiter les régions basses qui furent également les
ères habitées par l'homme.
Carte écologique de la Guadeloupe (par
Alain ROUSTEAU avec la collaboration de Jacques
PORTECOP et de Bernard ROLLET – ONF,
UAG et Parc National de la Guadeloupe) |
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| BIOLOGIE |
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Ces oiseaux vivaient
en couple comme le note le Père Du Tertre
:
"(...)
le masle et la femelle se tiennent bonne compagnie et c'est
chose très rare que de les voir seuls. Ils présentent
quant à la reproduction les traits de comportement
communs aux psittacidés en général :
La reproduction avait lieu une ou deux fois dans l'année
et aboutissait à la ponte de deux œufs dans une
cavité creusé avec leur bec "dans le creux
dans la souche d'un arbre et sans y composer d'autre nid
que de quelques plumes qui tombent de leur corps."
Le Père du Tertre décrit les œufs de l'ara
de Guadeloupe comme étant " gros comme des œufs
de pigeons et marquetez comme ceux de perdrix ". Il semble
qu'il y ait ici une erreur d'observation car comme le signale le
Père Pinchon (1976), les œufs de psittacidés
sont tous unicolores et d'un blanc brillant. Le ton de leur voix était
fort et perçant et ils présentaient la caractéristique
de toujours criailler en volant (caractéristique que l'on
retrouve chez la majorité des aras).
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| DATE
et CAUSES de la DISPARITION |
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La disparition de l'Ara de Guadeloupe a eu lieu au
cours du XVIIIème siècle (1722) et a été principalement
liée
- à la chasse excessive dont il a été l'objet
par les Européens qui le considéraient comme un bon
gibier bien que n'étant apparemment pas comme l'affirme
Du Tertre un met de premier choix :
"
(...) La chair de cet oiseau est fort dure & estimée
de plusieurs, malsaine, & mesme veneneuse, je n'en ay pourtant
jamais veu de mauvais effets, quoy que nos habitants en mangent
fort souvent (...)".
- à sa capture pour en faire des animaux de compagnie aussi
bien par les autochtones que par les colonisateurs européens.
Du Tertre nous dépeint, à ce propos la technique
de capture astucieuse et toutefois cruelle, utilisée par
les Indiens :
" (...) Les Sauvages se servent d'un plaisant stratagesme
pour les prendre vifs : ils épient l'occasion de les trouver à terre,
mâgeans des fruicts qu'ils ont fait tomber : car pour lors
ils s'en approchêt doucement à la faveur des arbres,
puis tout à coup ils se prennent à courir, frapant
des mains & remplissant l'air de cris & de hurlemens, capables
non seulement d'épouvanter des oyseaux, mais de jetter de
la terreur dans les cœurs les plus hardis. Alors ces pauvres
oyseaux surpris & éperdus, comme s'ils avoient esté inopinément
frapez d'un coup de foudre, perdent le souvenir de leur aisles,
qui sans doute les pourroient garantir, se couchent sur le dos,
se mettent sur la deffensive, & se font tous blancs des armes
que la nature leur a donné, c'est à dire, du bec & des
ongles, desquels ils se deffendent si vaillament, que pas un des
Sauvages n'oseroit mettre la main dessus : si bien qu'ils sont
contraints de se tenir tout autour d'eux, criant comme des enragez,
jusqu'à ce qu'un d'eux apporte un gros baston, lequel il
applique sur le ventre de l'oyseau, qui ne manque pas aussi-tost
de le saisir du bec & des griffes : mais pendant qu'il s'amuse à mordre,
les Sauvages le lient & le garottent si estroitement sur le
baston, qu'ils en font par-apres tout ce qu'il leur plaît,
et bien souvent les rendent privez, & leur apprennent à parler
(...)".
De
plus, son caractère peu farouche rendait plus faciles
sa capture et sa chasse comme en témoignent ces propos de
Du Tertre :
"(...) Il a le port grave & asseuré, & tant
s'en faut qu'il s'estonne pour plusieurs coups de fusils sur l'arbre
où il est branché ; qu'au contraire il regarde & conduit
de l'œil ses compagnons, qui tombent morts à terre,
sans s'en esbranler aucunement ; si bien qu'on en tire quelquefois
cinq ou six sur un mesme arbre, sans qu'il fassent mine de s'envoler
(...)".
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