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ARA de GUADELOUPE Ara Guadeloupensis (Clark 1905)
Description - Distribution géographique - Biologie - Date et causes de la disparition
voir aussi : Les PSITTACIDÉS dans la CARAÏBE
Le PERROQUET de GUADELOUPE
La PERRIQUE de GUADELOUPE

 

SYSTÉMATIQUE
Règne : Animal
Phylum : Cordés
Subphylum : Vertébrés
Classe : Oiseaux
Ordre : Psittaciformes
Famille : Psittacidés
Genre : Ara
Espèce : Guadeloupensis
Nom latin :
Ara Guadeloupensis
Nom commun français :
Ara de Guadeloupe
Nom commun anglais :
Guadeloupe Red Macaw,
Lesser Antillean Macaw
Nom commun allemand :
Guadeloupe Ara

DESCRIPTION


Christophe Colomb, dans le récit de ses voyages - extrait de "Christophe Colomb Œuvres Complètes" Edition établie et présentée par Consuelo Verola et Juan Gil traduit de l'espagnol par Jean-Pierre Clément et Jean-Marie Sainte-Lu - fut probablement parmi les premiers à mentionner cet Ara de Guadeloupe quand il écrivit :


Ara Macao. © http://www.cogsci.indiana.edu

" (...) Ils apportèrent des perroquets de deux ou trois sortes et particulièrement de cette grande espèce qu'on trouve dans l'île de la Guadeloupe, et qui ont une longue queue (...)".

Plus tard, les Pères Labat (1742) et Du Tertre (1654, 1658, 1667, 1671) le décrivirent avec bien plus de détails.

C'est le Père Du Tertre qui le considérait comme " le plus beau et le plus grand de tous les perroquets des Isles " qui nous en offrit la description la plus précise :

"(...) Il a la teste, le col, le ventre et le dessus du dos, de couleurs de feu : ses aisles sont meslées de plumes jaunes, de couleur azur, et de rouge cramoisy : sa queüe est toute rouge et longues d'un pied et demy"(...)

En regard de cette description, l'Ara guadeloupensis était assez proche de l'Ara macao d'Amérique du Sud, sauf que la queue du premier était plus petite et d'un rouge vif. Il semble, par ailleurs, plutôt dériver de l'Ara macao spécialement au vu de la présence actuelle de ce dernier à Trinidad non loin du Sud.

 
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE

Son aire de répartition géographique se limitait selon le Père Pinchon (1976) à la Guadeloupe continentale.

Son régime alimentaire était à la base de graines, de fruits et même quand la nécessité l'exigeait du fruit vénéneux du mancenillier (Hippomane mancenilla) comme l'atteste le Père Du Tertre :


Mancenillier ((Hippomane mancenilla)

" (...) Cet oyseau vit de graines et de quelques fruits qui croissent sur les arbres et mesme quelquefois dans la nécessité de pommes de Mancenille, ce qui est un très subtil et très caustic poison aux autres animaux (...) ".

A ce propos ce détail nous donne indirectement des précisions sur sa répartition : En effet, d'après C. Montbrun (1984), les mancenilliers constituaient l'une des essences dominantes des bois xérophiles qui couvraient l'étage inférieur du versant sous le vent de la Guadeloupe volcanique (Basse-Terre) jusqu'à une altitude voisine de 250 mètres ainsi qu'une grande partie de la Grande Terre. Les aras pouvaient donc habiter les régions basses qui furent également les ères habitées par l'homme.

 


Carte écologique de la Guadeloupe (par Alain ROUSTEAU avec la collaboration de Jacques PORTECOP et de Bernard ROLLET – ONF, UAG et Parc National de la Guadeloupe)

BIOLOGIE

Ces oiseaux vivaient en couple comme le note le Père Du Tertre :

"(...) le masle et la femelle se tiennent bonne compagnie et c'est chose très rare que de les voir seuls. Ils présentent quant à la reproduction les traits de comportement communs aux psittacidés en général : La reproduction avait lieu une ou deux fois dans l'année et aboutissait à la ponte de deux œufs dans une cavité creusé avec leur bec "dans le creux dans la souche d'un arbre et sans y composer d'autre nid que de quelques plumes qui tombent de leur corps."

Le Père du Tertre décrit les œufs de l'ara de Guadeloupe comme étant " gros comme des œufs de pigeons et marquetez comme ceux de perdrix ". Il semble qu'il y ait ici une erreur d'observation car comme le signale le Père Pinchon (1976), les œufs de psittacidés sont tous unicolores et d'un blanc brillant. Le ton de leur voix était fort et perçant et ils présentaient la caractéristique de toujours criailler en volant (caractéristique que l'on retrouve chez la majorité des aras).


DATE et CAUSES de la DISPARITION


La disparition de l'Ara de Guadeloupe a eu lieu au cours du XVIIIème siècle (1722) et a été principalement liée

- à la chasse excessive dont il a été l'objet par les Européens qui le considéraient comme un bon gibier bien que n'étant apparemment pas comme l'affirme Du Tertre un met de premier choix :

" (...) La chair de cet oiseau est fort dure & estimée de plusieurs, malsaine, & mesme veneneuse, je n'en ay pourtant jamais veu de mauvais effets, quoy que nos habitants en mangent fort souvent (...)".

- à sa capture pour en faire des animaux de compagnie aussi bien par les autochtones que par les colonisateurs européens. Du Tertre nous dépeint, à ce propos la technique de capture astucieuse et toutefois cruelle, utilisée par les Indiens :

" (...) Les Sauvages se servent d'un plaisant stratagesme pour les prendre vifs : ils épient l'occasion de les trouver à terre, mâgeans des fruicts qu'ils ont fait tomber : car pour lors ils s'en approchêt doucement à la faveur des arbres, puis tout à coup ils se prennent à courir, frapant des mains & remplissant l'air de cris & de hurlemens, capables non seulement d'épouvanter des oyseaux, mais de jetter de la terreur dans les cœurs les plus hardis. Alors ces pauvres oyseaux surpris & éperdus, comme s'ils avoient esté inopinément frapez d'un coup de foudre, perdent le souvenir de leur aisles, qui sans doute les pourroient garantir, se couchent sur le dos, se mettent sur la deffensive, & se font tous blancs des armes que la nature leur a donné, c'est à dire, du bec & des ongles, desquels ils se deffendent si vaillament, que pas un des Sauvages n'oseroit mettre la main dessus : si bien qu'ils sont contraints de se tenir tout autour d'eux, criant comme des enragez, jusqu'à ce qu'un d'eux apporte un gros baston, lequel il applique sur le ventre de l'oyseau, qui ne manque pas aussi-tost de le saisir du bec & des griffes : mais pendant qu'il s'amuse à mordre, les Sauvages le lient & le garottent si estroitement sur le baston, qu'ils en font par-apres tout ce qu'il leur plaît, et bien souvent les rendent privez, & leur apprennent à parler (...)".

De plus, son caractère peu farouche rendait plus faciles sa capture et sa chasse comme en témoignent ces propos de Du Tertre :

"(...) Il a le port grave & asseuré, & tant s'en faut qu'il s'estonne pour plusieurs coups de fusils sur l'arbre où il est branché ; qu'au contraire il regarde & conduit de l'œil ses compagnons, qui tombent morts à terre, sans s'en esbranler aucunement ; si bien qu'on en tire quelquefois cinq ou six sur un mesme arbre, sans qu'il fassent mine de s'envoler (...)".

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