La chasse intensive dont il a été l’objet fut la principale
cause de son extinction. Cette chasse fut d’autant plus facilitée
par le fait que l’animal, ne possédant aucun ennemi terrestre,
restait d’une totale placidité et naïveté face à l’homme.
H.L Ward (1897) n’a-t-il pas écrit à ce sujet :
« (…) Tout le caractère de ce phoque se résumait à une
inactivité tropicale (…) ».
Leur
longue évolution isolée dans la Caraïbe
a eu pour effet une absence de la peur innée de la prédation
sur la terre ferme caractéristique chez les autres espèces
de phoques.
Il
fut principalement chassé pour sa graisse utilisée
pour fabriquer de l’huile, pour sa fourrure et son cuir.
Durant les années 1600 il fut la victime d’une chasse
intensive par les Espagnols venus aux Antilles. Cette chasse au
phoque devint alors une activité majeure dans la Caraïbe
comme en témoigne Sir Hans Sloane (1707) dans son "Histoire
de la Jamaïque" :
« (…) Les Bahamas comptaient de nombreux phoques,
et quelquefois les pêcheurs en attrapaient une centaine en
une nuit. Ils les faisaient frire ou faisaient fondre leur graisse
et rapportaient l’huile pour leur lampe. (…) »
La
chasse se poursuivit durant les 17ème et 18ème
siècle. Parmi les instigateurs de cette dernière
on peut compter :
- des marins
- des chasseurs de baleines
- des pêcheurs
- ainsi que des collectionneurs de muséums
- enfin, certains étaient capturés puis revendus à des
zoos.
Le
phoque caraïbe devint rapidement rare à la fin
du 19ème siècle, dans les années 1880.
Ils
furent également l’objet d’une persécution
permanente des pêcheurs qui ne voyaient en eux que d’indésirables
concurrents.
Un
dernier facteur aurait également contribué à
sa disparition : la réduction de son habitat, conséquence
directes des activités humaines ( Boyd et Stanfield 1988
; Lavigne 2001) sur une espèce sensible à toute perturbation
de son milieu.
Durant
les 80 dernières années, de moins en moins
de phoque caraïbe ont été aperçu. L’une
des dernières populations connues se trouvait sur les « Triangle
Keys » non loin de la péninsule du Yucatan : 2001
individus y furent massacrés par des pêcheurs en 1911.
Le
dernier spécimen aperçu aux USA fut tué en
1922 non loin des côtes de Key West en Floride.
La dernière colonie a été observée
en 1952 sur la Seranilla Bank, un groupe de petites îles
coralliennes à mi chemin entre la Jamaïque et le Honduras.
C’est cette même année que la dernière
observation fiable de phoque caraïbe a été enregistrée
dans les eaux jamaïcaines.

Carte situant les Iles de Seranilla
Bank, entre le Honduras et l’île de la Jamaïque.
Carte
extraite d’un supplément
du journal "The Evening Post" du
25 Mai 1898.
La dernière observation certifiée de phoque caraïbe
aux Etats-Unis date de 1932 sur les côtes du Texas (Debrot
2000 ; Knudtson, 1977 ; Boyd & Stansfield, 1998).
En 1973, un
survol aérien, conduit par l’US Fish
et le Wildlife Service, de tous les habitats possibles n’a
pu que constater la pêche extensive pratiquée sur
l’aire de distribution originelle de ce phoque. Les dernières
expéditions datant de 1993 n’ont donné aucun
résultat.
Aussi l’espèce est considérée aujourd’hui
comme définitivement éteinte et a été déclarée
formellement comme telle dans la liste rouge des espèces
menacées de l’IUCN de 1996.

Plusieurs spécimens conservés
existent dans plusieurs musées de part le monde.
Comme ce spécimen du Museum d’Histoire Naturelle «
Naturalis » à Leider des Pays Bas.
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