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FLAMANT ROSE Phoenicopterus ruber
Distribution géographique - Description - Biologie - Date et Causes de Disparition

 

SYSTÉMATIQUE
Règne : Animal
Phylum : Cordés
Subphylum : Vertébrés
Classe : Oiseaux
Ordre : Ciconiiformes
Famille : Phoenicoptéridés
Genre : Phoenicopterus
Espèce : ruber
Nom latin :
Phoenicopterus ruber
Nom commun français :
Flamant rose, Flamant rouge
Nom commun anglais :
Greater flamingo, Caribbean flamingo
Nom commun espagnol :
Flamenco, Flamenco rojo
Tococo (Venezuela)

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE

Ce longiligne oiseau se rencontre des Iles Galapagos, en passant par la Pénisule du Yucatan jusqu’au Nord de la Caraïbe, se répartissant en 5 populations distinctes :

Dans les Iles Galapagos auniveau des lagons salés sur Isabela, Santa Cruz, Floreana, Bainbridge et Rabida

Dans le sud de la Caraïbe sur la Peninsule Guajira de la Colombie, la côte nord du Vénézuéla, Bonaire et les îles environnantes. Quelques petites colonies existent le long des côtes nord de l’Amérique du Sud jusqu’en Guyane française

Au niveau des côtes nord de la péninsule du Yucatan : de Campeche à Cabo Catoche. Mais la plupart des colonies sont concentrées dans les lagons Celestun et se Ria Lagartos

Dans le Nord de la Caraïbe : aux Bahamas, à Hispaniola, à Cuba, aux Iles Turk et Caïcos et le Sud de la Floride.

Les denses colonies de flamants roses résident dans les lagunes salées, les étangs littoraux, les marais salants.

 

 

Ils vivaient au XVIIème siècle en grand nombre dans les marais de la Grande Terre de Guadeloupe, en particulier près de la Pointe des Châteaux.Le Père Du Tertre a eu le privilège d’observer ces flamboyant oiseaux du reste très farouches :

(…) «Ils sont rares et ne se voyent quère que dans les salines les plus esloignées du peuple. » (…)

(…) « il y en a toujours une sentinelle, tout de bout, le col estendu, l’œil circonspect, & la teste inquiète : si tôt qu’il aperçoit quelqu’un, il sonne la trompette, donne l’alarme au quartier, prend le vol tout le premier, & tous les autres le suivent. » (…)

Ils ont rarement accès à l’eau douce et se contenteront de l’eau de pluie disponible. Il peut tolérer une salinité deux fois plus importante que celle de l’eau de mer et un pH au dessus de 10,5. Le flamant possède une glande à sel au dessus des yeux semblables à celles que possèdent mouettes et autres tortues.



DESCRIPTION

 

© Photo extraite de «Caribbean Flamingo
(Phoenicopterus ruber ruber). Fact Sheet, 2003.»
http://spot.colorado.edu/~humphrey/fact%20sheets
/flamingo_caribbean/flamingo.htm (1 of 11)

La rare beauté du « tougoucou » - comme l’appelaient les Caraïbes - qui, au XVIIème siècle peuplait en nombre les marais de la Grande Terre de Guadeloupe, en particulier près de la Pointe des Châteaux, a tout de suite fasciné les premiers colons et, parmi ceux-ci le Père Du Tertre en extase devant le vol de cet élégant et gracile oiseau :

(…) «toutes ses plumes sont de couleur incarnat, & quand il vole à l’opposite du soleil, il paroist tout flamboyant comme un brandon de feu». (…)

Il apporte en outre des indications précises sur la morphologie de l’animal :

(…) «Le flambant est un oiseau gros comme une cicogne, qui est le plus haut monté de tous les oiseaux que j’aye veu en ma vie : car ses jambes qui ne sont guère plus grosses que les doigts, ont depuis le pied jusques à la première jointure, quinze ou seize pouces, et presqu’autant, depuis cette jointure jusqu’au corps : elles sont toutes rouges , aussi bien que les pieds qui sont à demy marins, il a le col rond, mou, pour la grandeur de l’oiseau et long d’une demy toise(…)»

Il note également que :

(…) «Il en ay veu aussi quelques-uns qui avoient les aisles meslées de plumes rouges, noires et blanches, ie croy que ce sont les masles.».

Le dimorphisme sexuel ne se traduit cependant que par une différence de taille, la femelle étant de 20 % plus petite que le mâle. De plus le mâle pèse en moyenne 2,8 kg contre 2,2 kg pour la femelle.

Remarque : Le rose caractéristique des plumes, des pattes et du bec, sont dus à la présence de pigments (des caroténoïdes : canthaxanthine pour les plumes et astaxanthine pour les pattes) apportés par l’alimentation.

 


BIOLOGIE


C’est un animal filtreur comme l’a fort bien remarqué le Père Du Tertre :

(…) «il a la teste ronde, petite & un gros bec long de six ou sept pouces, moitié rouge & moitié noir, & courbé en forme d’un demy arc, avec lequel il va chercher au fond de l’eau sa nourriture, qui sont des vers marins, et quelques petits poissons ; (…)

(…) Ils sont toujours en bande & pondent pendant qu’ils ont la teste cachée barbotant dans l’eau, comme les cygnes, pour trouver leur mangeaille,» (…)


De Zweers et al. (1995)

Il se nourrit de petits crustacés (ex : amphipodes), de petits mollusques, d’insectes (moucheron, mouche des saumures), de vers polychètes, quelques poissons, d’algues et de graines. Il ingère parfois de la boue afin d’en tirer des nutriments et des microorganismes (bactéries, protozoaires).

L’accouplement est précédé par une rituelle parade nuptiale. Un seul œuf est généralement pondu. Il sera couvé par les deux parents pendant environ un mois. Le poussin au duvet blanc à gris quitte le nid au bout de 5 à 8 jours pou rejoindre de vastes « crèche » comportant des centaines voir des milliers de poussins sous la surveillance de quelques adultes. Ils sont nourris par leurs parents respectifs qui leur régurgitent directement dans la gorge de la nourriture liquéfiée - un « lait » très gras et nutritif sécrété par le jabot.

 


DATE et CAUSES de la DISPARITION


C’est la chasse excessive dont a été victime cette espèce qui a signé son arrêt de mort.

«Ils sont si faciles à tuër que les moindres blessures les font demeurer sur place.»

Sa chair délicate quoyqu’elle sente un peu la marine – selon le Père Du Tertre – était très prisée ; Il rajoutera ensuite malheureusement pour cette espèce :

(…) «Mais surtout la langue passe pour le plus friand morceau qui puisse estre mangé.»

… puis,

(…) «On les écorche, & de leur peau on en fait des fourrures, que l’on dit estre utiles à ceux qui sont travaillez des froidures & débilités d’estomach» (…)

Parmi les prédateurs du flamant on compte : les racoons, les renards, les margays, les crocodiles et les oiseaux de proies surtout au stades juvénile.

Les autres facteurs climatiques pouvant se révéler fatal aux colonies fréquentant les zones côtières sont : les tempêtes tropicales, les cyclones qui modifient ces écosystèmes côtiers en les inondant et par conséquent en y réduisant à la fois la salinité et les ressources alimentaires.

 

Il existe de par le monde 5 espèces et deux sous espèces de flamant rose :

- Phoeniconaias minor : le petit flamant
- Phoenicoparrus andinus : le flamant des Andes
- Phoenicoparrus jamesi : le flamant de James
- Phoenicopterus chilensis : le flamant du Chili
- Phoenicopterus ruber : le grand flamant
o Phoenicopterus ruber roseus : le grand flamant
o Phoenicopterus ruber ruber : le flamant rose de la Caraïbe

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