Christophe
Colomb fut autrefois fort impressionné par les perroquets
des Antilles lors de ses voyages sur chacune des îles
visitées. Cependant ses récits relataient plus
des différentes utilisations qu'en faisaient les Indiens
d'Amérique qu'ils n'en faisaient une description précise.
Extrait
des planches illustrées originales parue dans "Histoire
générale des Antilles habitées
par les François" du Révérend
Père Du Tertre.
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A
l'opposé l'aventurier génois De Cuneo, qui accompagna
Christophe Colomb lors de son second voyage, témoigna
en premier de l'usage de ces oiseaux en tant que denrées
alimentaires, et donna une idée de leur grande diversité quand
il décrivit "3 espèces de perroquets
de taille et de couleurs différentes sur toutes les îles
... où j'ai été" (Morison 1963).
Les îles mentionnées ici étant : la Guadeloupe,
Hispaniola, Cuba, la Jamaïque et peut-être Puerto-Rico
; les 3 types de psittacidés semblaient être :
-
des aras (Ara)
-
des perroquets (Amazona)
-
des perruches (Aratinga).
Ses
remarques suggérèrent que chacune des îles
possédaient un représentant de chacun de ces
genres.
Malheureusement,
au cours des deux siècles suivants aucun spécimen
n'ayant été collecté et très peu
de dessins réalisés, les descriptions écrites
de la vie de ces oiseaux manquaient pour la plupart de détails.
De plus quand les premiers naturalistes débarquèrent
aux Antilles, plusieurs espèces de perroquets avaient
déjà disparu.
De
surcroît, il n'y a aucune façon de savoir à quoi
ces espèces ressemblaient, ni combien d'espèces
existaient alors. Parmi ces naturalistes on compte les Pères
Du Tertre et Labat qui laissèrent les meilleures descriptions
de ces oiseaux bien qu'ils ne considèrent que certaines îles
des Petites Antilles. En effet ni l'un ni l'autre n'ont indiqué à combien
d'îles ils se référaient bien que l'on
puisse présumer qu'il s'agissait des îles occupées
par les Français : dans les années 1650, ces
derniers étaient établis en Guadeloupe, en Dominique,
en Martinique, mais occupaient également d'autres îles
comme Sainte-Lucie ou Grenade. Mais tout comme De Cuneo, ils
attestent de l'extraordinaire variété de psittacines
qu'abritaient autrefois les Antilles.
Une
autre lacune des premières descriptions de perroquets
- en plus d'être fragmentaires - réside dans le
fait que sur certains points, elles sont rendues confuses par
l'utilisation répandue des perroquets comme animaux
de compagnie et comme monnaie d'échange par les Européens,
par les Indiens avec eux et par les Indiens entre eux.
Toutes
les espèces d'Aras qui habitaient les Grandes et les
Petites Antilles sont aujourd'hui éteintes et les 17
espèces encore présentes à l'heure actuelle
vivent en Amérique du Sud et en Amérique Centrale.
Plusieurs de ces espèces sont en grand danger et disparaissent
inexorablement.
Spécimen
d'Ara tricolor
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Nul
ne sait combien d'espèces ont autrefois habité les
Antilles. Il est pour l'instant admis qu'il en existait 6 ou
7 espèces.
Si
beaucoup d'espèces sont éteintes depuis des siècles,
des spécimens d'une seule espèce ont pu être
capturé : L'Ara de Cuba (Ara tricolor). Cette
espèce au plumage or, jaune, rouge et bleu a survécu
jusqu'à la fin des années 1800 quand Gundlach
a collecté quelques spécimens.
D'après
Greenway (1958), sa disparition tout comme celle des autres
aras, était apparemment due à la chasse et à leur
capture afin d'en faire des animaux domestiques.
Outre
Cuba, parmi les îles ayant abrité des aras, on
trouve :
-
La Jamaïque sur laquelle vivaient deux
espèces d'aras :
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L'Ara gossei (Rothschild 1905) : une espèce
rouge et bleue semblable à l'Ara de Cuba mais avec
un front jaune au lieu de rouge et avec un peu de jaune sur
la queue. Les caractéristiques et l'identification
de cette espèce sont incertaines.
#
L'Ara erythrocephala était apparemment très
proche sinon identique à l'Ara militaris ou
l'Ara ambigua.
- Hispaniola sur
laquelle vivait une espèce à laquelle aucun nom
n’a été attribué et qui ressemblait à l'Ara
tricolor.
-
La Martinique où vivait une espèce
endémique, l'Ara martinica.
#
Cette espèce a été décrite assez
brièvement par Rothschil d'après quelques lignes
du Père Jacques Breton dans sa "Relation de l'Establissement
des François depuis 1635 en île de la Martinique" (1640)
- comme ayant le dessus du corps et de la tête bleu
roi, le dessous du cou et le ventre rouge vif. Une description
par ailleurs très proche de celle de l'Ara arauna du
continent sud américain (Clark 1905c).
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Une autre espèce d'ara aurait peut-être vécu
en Martinique : Rochefort (1558) a décrit une espèce
d'ara pour les Antilles avec "la tête, le
dos et les ailes jaunes pâles et la queue entièrement
rouge" et une autre espèce avec "un
plumage constitué d'un mélange de rouge, de
blanc, de bleu, de vert, et de noir". Aucune de
ces descriptions ne se rapprochant d'aucune des espèces
connues des Antilles ou d'Amérique Centrale ou du
Sud, il est possible qu'une des espèces de Rochefort
ait résidé en Martinique, mais n'est que pure
hypothèse.
-
En Dominique existait l'Ara atwoodii dont
les caractéristiques sont encore incertaines.
-
Enfin la Guadeloupe, qui abritait l'Ara de
Guadeloupe Ara guadeloupensis.
Il
apparaît en fait qu'il y a eu en fin de compte
2 invasions principales des Antilles par les Aras rouges
:
1) Une invasion de Cuba, venant
du Yucatán, par l'Ara macao, l'Ara chloroptera
ou leur ancêtre commun, donnant naissance à l'Ara
tricolor et à son tour à l'Ara
gossei de la Jamaïque ainsi qu'à l'Ara "sans
nom" d'Hispaniola. D'autre part, une première
migration a eu lieu en Jamaïque à partir
de la pointe Honduro-Nicaraguaïenne donnant
naissance à l'Ara gossei suivi par les
colonisations successives de Cuba et d'Hispaniola.
2) Une invasion des Petites Antilles venant
de l'Amérique du Sud par l'Ara macao donnant naissance à l'Ara
guadeloupensis et probablement à d'autres espèces
sur d'autres îles.
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