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Léwoz - Veillée mortuaire - Marché et trottoir - Autres manifestations

Veillée mortuaire

 

Se joue initialement sans tambour à la campagne comme à la ville. Ceci est vraisemblablement lié à l'interdiction par l'église au temps de l'esclavage de l'exécution de musiques aux tambours au cours des cérémonies mortuaires profanes ou religieuses. Tambours, âmes, paradis, Dieu, purgatoire, esclavage ne faisaient certainement pas bon ménage à l'époque.

Les veillées mortuaires comportent beaucoup d'éléments magico-religieux. Bains de feuillages spéciaux, orientation du mort, prières…

La rythmique est assurée par un jeu vocale d'onomatopées qui reproduisent la rythmique du tumblak. Ces rythmes vocaux sont appelé boula gyèl, waka ou encore banjo gita.

Depuis peu, le tambour d'accompagnement (boula) intègre les veillées. Le makè est absent car il n'y a pas de danse dans les veillées. A l'instar du boula gyèl, seul un rythme est joué en accompagnement du chanteur et ce pendant toute la nuit de veillée du mort.

Il faut noter aussi dans les veillées la pratique de joutes physiques le bènaden et aussi le sové vayan lequel à aujourd'hui complètement disparu.

Des jeux d'adresse avec châtiments corporels pour les perdants se pratiquent toujours dans les veillées à la campagne. Le groupe des Grands-Fonds Sainte-Anne Kan'nida en a tiré une pièce de théâtre.


Bènaden (combat) lors d'une veillée mortuaire. Au 2ème plan à droite : Esnard Boisdur. (Coll. M. Halley)

La veillée mortuaire a influencé le gwoka par son système de joutes verbales pratiquées par les chanteurs. A partir du thème d'une chanson tous les chanteurs (solistes) se relaient et se livrent à des improvisations personnalisées, des performances vocales (tremolo, vibrato , puissance) , et autres défis au prochain chanteur d'en faire plus et mieux.
Ces exercices permettent un réel apprentissage du chant, de l'animation, de la performance physique et de l'endurance vocale.

Dans leur grande majorité les chanteurs gwoka proviennent de ce milieu des veillées mortuaires ou s'y sont exercés de longues années. Y compris pour les instrumentistes, le répertoire des chansons de veillées est une source inépuisable en couleur et en ambiance (Alsa Bordin, Luc-Hubert Séjor, Kafé, Gérard Lockel, Christian Laviso…).

Les veillées sont toujours pratiquées à la campagne dans la maison du mort, mais en ville les salons funéraires ont pris le pas et la pratique des veillées n'a presque plus sa place (confidentialité familiale, nuisance sonore, proximité d'habitations, plaintes…). Il est de plus en plus rare d'assister à des veillées à caractère populaire.

 

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