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 Musique / Paroles  

 

Paroles

 

Il y a deux types de chansons. Les chansons populaires apprises dans l'oralité, notamment chantées sur les rythmes graj, léwoz et tumblak qui sont connues de tous les chanteurs quelle que soit la région.
Et les chansons de composition sur des thèmes d'actualité internationale, régionale, communale (Mè Coco de Robert Loyson autour de la générosité d'un maire de Morne-à-l'Eau) voire micro-locale. Les formes privilégiées sont la satyre (ex. Mèdo de Robert Loyson) et la chronique (Kann' a la richess de Robert Loyson) avec l'emploi récurrent du jeu de mot et du double sens.

Forme et sources d'inspiration des chansons

Les musiques jouées lors des veillées mortuaires se distinguent des autres styles musicaux gwoka.
Mis à part le léwoz avec sa danse et la transmission du bouquet, il existe aussi le bèlè. Les gens se rassemblent et chantent, sans nécessairement danser. C'est le chant bèlè. C'est une pratique plutôt propre à la Grande-Terre (Loyson, Chabin, Anzala…). On chante à la gloire d'une personne ou sur les problèmes de la canne, sur la femme qui trompe son mari ou l'inverse, sur les soucougnans et les volants, toutes sortes de mythes et croyances populaires.

Léwoz et bèlè ont chacun leur propre répertoire de chansons.
Dans le bèlè, le chanteur peut dire son texte sur 32 mesures ou plus. Puis les répondeurs enchaînent.
Dans le léwoz, les moments d'improvisation et l'alternance chanteur / répondeurs sont beaucoup plus ramassés, ce qui permet de renforcer la dynamique musicale. Il s'agit moins de raconter des histoires que dans le bèlè. C'est plus structuré au niveau des chansons et de l'échange entre marqueurs, répondeurs et chanteurs.
Tandis que dans le bèlè, c'est vraiment le chanteur qui s'exprime. Par exemple, il arrivait qu'au début de son interprétation on ne sache pas de quoi Robert Loyson allait parler. Dans un léwoz, on peut avoir plusieurs chanteurs qui reprennent et traitent de façon différente une même chanson.

En veillée mortuaire, quelqu'un peut créer dans l'instant une chanson sur le défunt. C'est la capacité d'improvisation des chanteurs qui est mise à l'épreuve.
Quand quelqu'un lance une chanson, il inclut dans son texte un défi à un chanteur qui est en face de lui : est-ce que tu peux répondre mieux que moi, est-ce que tu as autre chose à dire, en sais-tu plus, etc.
Dans le léwoz, les chansons ont déjà un contenu qui est plus ou moins amélioré ou traité au niveau de la diction en fonction des capacités vocales ou techniques des chanteurs. Mais tout ce qui est joute ou défi entre chanteurs est plutôt le propre des veillées mortuaires. Le bèlè est davantage joué dans les veillées mortuaires, avec des chansons qui se rapportent souvent à des faits historiques et qui laissent plus de place à l'improvisation.
Dans le léwoz où il y a un véritable répertoire de chansons, la " liberté de parole " est plus limitée.
Dans les veillées, en raison du respect qu'on doit au mort et à sa famille, on ne trouve pas les chansons grivoises ou à caractère sexuel du répertoire bèlè.