GLOSSAIRE
(par Joby Bourguignon)
Le
travail de recherche en ethnomusicologie de Joby Bourguignon
sur les pratiques cultuelles dans le gwoka s’est basé
sur les écrits existants à travers le monde
de la genèse de notre espace culturel afro-caribéen
ainsi que de la rencontre sur le terrain de personnalités
du Gwoka.
Les mots et expressions ainsi que leurs définitions
sont tirés de l’environnement culturel gwoka
actuel. L’orthographe créole utilisée
est celle proposée par Hector Poullet et Sylvianne
Telchid.
La difficulté de la langue créole dans le fait
qu’un mot détient plusieurs sens dès lors
que l’on souhaite exprimer une idée est un point
sur lequel nous nous sommes attachés. D’autre
part, les différences au niveau de la prononciation
d’un mot que nous constatons au niveau de régions
de l’île (souvent proches) nous font parfois penser
à quelque chose d’autre et qui aurait une histoire
différente.
Comprendre le mot et la chose est un des éléments
important de la transcription. JB. |
A
Akiyo.
Groupe de la filiation des Mas a Senjan.
Il se différencie par l’apport instrumental de contre
basse dans l’ensemble rythmique.
Alé liron alé.
En français : vas y mon luron.
Appel du chanteur à libérer l’énergie
des choristes et musiciens lors d’un moment musical intense.
An ka paséw lavwa.
Phrase dite par un chanteur demandant à un autre chanteur
de l’assemblée de poursuive la mélodie en
cours ou alors reprendre une autre mélodie.
B
Balansé.
Aller de droite à gauche au rythme du tambour.
Terme usité plus particulièrement pour le rythme
Woulé.
Bamboula.
- Réunion festive d’esclaves d’une même
habitation.
- Petit tambour
- « L’accompagnement musical [ de la danse à
laquelle se livrent les esclaves ] est simple : deux tambours
faits de bois creux et de peau de mouton ou de chèvre ;
quand leur caisse est relativement basse, on les appelle des «
bamboulas » ». (François Girod : La Vie quotidienne
de la société créole. Saint Domingue au 18ème
siècle).
- Terme usité en Guadeloupe jusque vers 1911.
Banjoguita.
Chœur basé sur un chant par homorythmie.
Le texte est souvent une succession d’onomatopées.
Barik.
Tonneau.
Bat pyé.
Les premières danses décrites au 18ème siècle
indiquent que le cercle de danseurs et danseuses frappaient en
alternance leurs pieds au rythme du tambour. (cf Père Labat/Dutertre)
Bay chabon.
Donner plus de vigueur dans le jeu. (Appel du chanteur pour dynamiser
les musiciens).
Bay lavwa.
Donner de la voix. (Appel du chanteur pour dynamiser les chœurs).
Bèlè.
Le bèlè qui vient du Bel Air est un genre musical
composé de plusieurs types musicaux: les bèlè
de travail, les bèlé de divertissement, les bèlè
pour veillées mortuaires...
Le tambour bèlè est originaire du Dahomay (actuellement
Bénin).
Son appellation primitive était djouba, nom conservé
encore en Haïti.
Contrairement à l’idée répandue, le
Bèlè fait partie intégrante de la culture
Guadeloupéenne. Son expression pouvait encore être
perçue jusqu’à la fin des années 1960
dans la zone géographique de la cote sous le vent. Cf :
rythmes particuliers du sud.
Basse-Terre ainsi que certaines pratiques des Grands Fonds (autres
propos recueillis auprès de Hilaire Francisque danseur
et chorégraphe etc.)…
Le Bel Air ou Bèlè est présent dans la caraïbe
partout ou les conditions historiques et économiques étaient
les suivantes : 1) Présence française. 2) Plantation
de café ou de cacao.
Exemple de chanson type à la Nouvelle Orléans et
dont la structure et les modalités du contenu se retrouvent
dans nos îles : Madame Caba in George Cable (1886).
Madame Caba, tiyon vous tombe,
Madame Caba, en sortant dibal,
Michie Zizi, cet in vaillan nomme.
Michie Zizi, cet in vaillan nomme.
Wa-ya, ya-ya-ya, tiyon vous tombe!
Wo-wo, wo-wo, tiyon vous tombe!
Wa-wa, wa-wa, tiyon vous tombe!
Wo-wo, wo-wo, tiyon vous tombe!
Wo-wo-wo-wo-wo-wo, tiyon vous temble!
Wa-ya, wa-ya-ya-ya, tiyon vous tombe!
Le “tignon” était un turban de couleurs chatoyantes
portée par les femmes créoles et mulâtresses.
“Madame Caba”, un chant populaire, se réfère
à un tignon qui tombe, tignon qui n’est rien d’autre
que l’expression de la tentation d’une femme au regard
de l’amour charnelle face aux conventions et à la
morale du moment. Quand le tignon tombe, c’est le symbole
que Madame Caba a perdu sa vertu.
Bènaden.
Danse au baton. Un des maîtres actuel est Lin Kanfren de
l’île de Marie-Galante.
La danse consiste à toucher la bouche de son adversaire
au rythme de la musique ceci, sous l’œil vigilant de
l’arbitre qui tient une torche.
Bòdé.
Moment festif.
Bòdé apiyé.
Moment festif intense.
Bouko.
Tonneau sans fond.
Boukoussou.
Type de veillée dédiée aux contes. L’univers
musical y est omniprésent.
Boula.
- Instrument rythmique de base du gwoka. Membranophone (tambour)
muni d’une membrane en vibration par frappement direct.
Tambour femelle. Sa forme actuelle se précise entre 1832
et 1848.
- Notification du rythme de base du tambour rythmique dans tous
les types de rythmes de Guadeloupe.
- Se dit aussi bula dans les pays hispanophones de la caraïbe
Boula guèl.
Chœur basé sur un chant par homorythmie. Le texte
est souvent une succession d’onomatopées donnant
l’impression de reprendre la base du boula. Spécifique
aux veillées.
Boula ron.
Jeu rythmique soutenu en Toumblack et Graj.
Boulayè/Boulayen.
Musicien rythmique dans le gwoka.
BWABAN.
Maître boulayè de la Grande - Terre. (Décédé).
Bwa fouyé.
Type de fabrication du tambour dans les premiers temps de l’esclavage.
Le bois utilisé étant le Kankonnyé ou Konkongné
que l’on dit trouver dans les hauteurs de Capesterre Belle-Eau.
C
Calinda.
La Calinda était une danse présente de la Louisiane
à Saint-Domingue en passant par les Antilles françaises
donc Guadeloupe, emmenée par les esclaves de la côte
ouest de l’Afrique.
Considérée comme indécente, elle fut officiellement
bannie en 1843 mais continua à être présente
de manière informelle plusieurs années après.
Une version plus récente (fin du 19ème siècle,
début du 20ème siècle)de la Calinda était
dansée par des hommes uniquement. Elle avait un style plus
dépouillé ou les hommes brandissaient des bâtons
simulant des coups de feu en sautant au dessus de bouteilles d’eau.
Le danseur qui renversait une goutte d’eau des bouteilles
était banni du lieu de la représentation. A la fin,
la Calinda devient une performance de plus en plus lascive.
CARNOT.
Moleon Jernidier, maître incontesté du Léwòz.
Aussi appelé CHACHA.
CHABEN.
(Germain Calixte), maître du chant populaire dans le Nord
Grande - Terre.
Chacha.
Idiophone par secouement.
Deux formes de chacha typiquement propre aux Antilles françaises
: le chacha en calebasse et celui en métal, confectionné
à partir d’un tube en fer blanc.Le chacha en calebasse
se réalise à partir d’une calebasse évidée
et séchée, que l’on remplit de grains très
résistants ‘graines l’église’
ou ‘toloman’ ou parfois de petit plomb.
Chaltouné.
Espèce de torche.
Chanterelle.
En 1840, selon M Schœlcher, a chaque atelier est attaché
un chanteur ou une chanterelle qui, placé derrière
les travailleurs et appuyé sur le manche de la houe, fait
entendre quelques airs d’un rythme cadencé, dont
les autres répètent le refrain.
Chéri lavwa ban mwen.
Donner plus de vie (vigueur) aux chœurs.
Congo.
Se dit d’une danse généralement issue du culte
Congo.
Convoi.
« Mot emprunté à la langue maritime qui explique
une réunion ayant pour but de s’entraider dans toutes
les situations de la vie et d’assister à leurs funérailles
». (Ballet 1899).
Counjaille.
Un des airs populaires de Guadeloupe «Counjaille O Counjaille
etc...) atteste de la présence Congo dans le pays. Ce terme
indique une danse du rite Congo dont les traces partent de Guadeloupe
et Saint-Domingue en 1807/1809 au moment ou des groupes ethniques
se déplacent de ces pays vers la Nouvelle Orléans
pour fuir les guerres napoléoniennes.
Au même titre que la bamboula, la Calinda, le Chacta etc...
, ces danses se sont pratiquées de la Guyane à la
Nouvelle Orléans en passant par Saint Domingue et toutes
les Antilles françaises.
Etant considérée comme étant indécente,
la «Place Congo» en Nouvelle Orléans à
été interdite en 1843. (Interdiction suivie dans
toute la caraïbe donnant plus de force à l’Edit
de mars 1685, enregistré par le Conseil Souverain de Saint-Domingue
le 6 mai 1687 sous l’appellation de Code Noir).
Art.
16. Défendons pareillement aux esclaves appartenant à
différents maîtres, de s’attrouper le jour
ou la nuit, sous prétexte de noces ou autrement, soit chez
l’un de leurs maîtres, ou ailleurs, et encore moins
dans les grands chemins, ou lieux écartés, à
peine de punitions corporelles, qui ne pourra être moindre
que du fouet, et de la fleur de lys ; et en cas de fréquentes
récidives, et autres circonstances aggravantes, pourront
être punis de mort : ce que nous laissons à l’arbitrage
des juges : enjoignons à tous nos sujets de courir sus
aux contrevenants, de les arrêter, et de les conduire en
prison, bien qu’ils ne soient point officiers, et qu’il
n’y ait contre eux aucun décret.
Art. 17. Les maîtres qui seront convaincus d’avoir
permis ou toléré telles assemblées, composées
d’autres esclaves que de ceux qui leurs appartiennent, seront
condamnés, en leurs propres et privés noms, de réparer
tout le dommage qui aura été fait à leurs
voisins, à l’occasion desdites assemblées,
et en dix livres d’amende pour la première fois,
et au double, en cas de récidive.
Il
est important de précisez que dans la langue créole
le mot représente plusieurs choses: Le même mot désigne
la musique, la danse, la rencontre communautaire etc...
D
Dansè.
Le danseur ou la danseuse.
Douelle.
Petite douve d’un tonneau. Lame de bois formant le corps
du tonneau.
Dwel.
Voir Douelle.
F
Fonsyè.
Vient du mot «fonçailles» dans le vieux français
et qui signifie pièces du fond du tonneau.
Position centrale de l’espace de frappe. Les notes jouées
sur le fonsyè sont les plus graves.
G
Graj.
Rythme du gwoka.
Danse de travail. Très certainement issue du Bel Air.
Granjanbel.
Voir Janbel.
Grap a Congo.
Cérémonie spécifique aux Guadeloupéens
d’origine congolaise venus en Guadeloupe après la
libération de l’esclavage en 1848 (à partir
de 1857).
Toutefois les traces de la culture congo étant antérieure
(dès le début de l’esclavage).
Cette cérémonie se déroule dans les hauteurs
de Capesterre Belle-Eau le 1er novembre fête de la Toussaint.
La particularité de ce rituel dédié aux ancêtres
est intéressante pour la Guadeloupe dans la mesure ou il
reprend une partie du rituel Congo que l’on retrouve dans
toute la Caraïbe.
Le centre du rituel est représenté par une divinité/ancêtre
dont les attributs sont inclus dans une bouteille contenant du
rhum et dans laquelle trempe une branche de «Konkongnon»
arbre aux qualités mystiques que, certainement par déformation
linguistique on nomme aussi «Kankonnyé» dans
la même région de Capesterre Belle Eau.
Les danseuses vêtues de rouge en début de cérémonie
se revêtent de blanc quand le moment est venu de répandre
le liquide mystique sur le groupe aux alentours.
Gwoka.
Terme générique indiquant l’instrument, la
musique et la danse de Guadeloupe.
Les mélodies sont généralement construites
sur le mode pentatonique.
Nom donné aussi au boula.
Gwoka modèn.
Nom donné au courant musical initié par Gérard
Lockel sur une base harmonique modale et atonale.
Une confusion sémantique perpétue l’utilisation
de ce terme désignant un courant musical précis
et le même mot qui dans la langue créole indique
la modernité, la contemporanéité.
Gwotanbou.
Nom donné aussi au boula.
Terme générique indiquant l’instrument.
H
Hélé.
Crier.
I
Indestwas (yonn dé twa).
Se dit de l’organisation des reprises dans la musique léwòz.
Les reprises se jouent de la manière suivante : 1, 1-2,
1-2-3.
J
Ja. (Ti Ja).
Petite jarre appelée aussi Kannèt (canette). Utilisée
pour modifier la sonorité du tambour.
Instrument utilisé par Carnot et qui remonte aux pratiques
du musicales du 19ème siècle (documents de l’université
de Cornell datant de 1886).
Janbel.
Rythme du gwoka.
Danse de travail.
A l’origine la première description répertoriée
de Guadeloupe est le Guiambel. Cf écrits de Ballet.
En faisant à un texte de chansons datant de 1947 le mot
est clairement exprimé.
Janbel
manman, janmé vwè bitasyion kon si la
Madanm ka komandé, Missié ka komandé
Janbel manman
Gérè ka komandé, Kolon ka komandé
Joua.
Musicien.
K
Ka.
Autre nom donné au tambour. Première utilisation
du mot par Lafcadio Earn.
Cette terminologie est aussi utilisée à :
Cuba : Ka
Puerto Rico : Kua
Haïti : Ka tabou
Saint Thomas : Ka
Kabolo.
Expression du désordre dans le jeu du tambour et employée
souvent par Guy Konkèt.
Kabrit.
Chèvre.
KAFE.
Edouard IGNOLE, concepteur, auteur, compositeur d’une approche
musicale exploitant des sonorité instrumentales contemporaines.
Kaladja.
Rythme du gwoka.
Danse d’amour.
Kalennda.
(voir Calinda).
Kankonnyé.
Nom vernaculaire donné à un arbre de la région
forestière de Capesterre Belle-Eau servant à la
fabrication des fûts de tambours (Bois Fouyé). Aussi
dénommé Konkongnon.
Kannida.
(Voir Calinda). Détournement linguistique du mot Calinda
(cf. Père Labat).
Klé.
Clés du tambour servant à accorder l’instrument.
Elles ont généralement la forme de chevilles en
bois.
Kòd.
Cordes, cordage du tambour. Anciennement le cordage était
fabriqué avec la plante nommée Karata (agave) ou
avec une «liane molle» ou enfin du «bois de
lorin»...
Kòf.
Le corps du tambour constitué par un baril.
Kondyo (La Reine Kondyo).
Reine Mythique de l’univers gwoka.
Elle nous renvoie à la notion de Nasyon, Sosyété
etc.…
D’autres Reines ont marqués notre environnement comme
La Reine Tin’Dé et la Reine d’Angol que l’on
retrouve dans de nombreux chants gwoka.
Kònn a lambi.
Aérophone.
Le Strombus gigas est un mollusque peuplant les mers chaudes et
que l’on trouve dans les Iles Francophones de la Caraïbe
sous le nom local de ‘Kònn a Lambi’. Ce gros
coquillage vidé a une fonction particulière, Il
se transforme en aérophone après avoir percé
la base de sa spirale. Cet instrument fut jadis un élément
clé dans la lutte des Nègres-Marrons, il pouvait
selon un code précis, annoncer l’attaque, le rassemblement,
le danger, la mort. De
nos jours l’usage de cet instrument se retrouve dans la
pratique des musiques à Mas (carnaval).
Un travail de recherche sur l’instrument est effectué
par Martial RANCE.
KRISTEN (Kristen AIGLE).
Maître inconstesté du léwòz du Nord
Basse - Terre. (Décédé).
L
Lakou.
Regroupement de plusieurs ménages ou familles sur une grande
habitation. Résidence du hougan ou de la mambo dans le
culte vaudou.
La même organisation sociale se retrouve dans la périphérie
des villes de Guadeloupe. cf. lakou Selbonn à Pointe à
Pitre ou naît les Mas à Sen Jan et dont la personne
la plus âgée sert de lien social (man Paulette).
Larèl.
Direction.
Lavandé.
Entrer dans la danse. Pas du quadrille.
Lavwé.
Voix.
Léwòz.
- Rythme du Gwoka.
- Danse d’incantation du rituel Congo. Mouvements amples.
- Soirée dédiée au tambour.
Terminologie dans la caraïbe : Larose (Dominique, Trinidad,
Nouvelle Orléans) ; Léro (Puerto Rico, Saint Domingue)
; Les Rosiers (Sainte Lucie) ; Lewa (Haïti) ; Léròl
(Guyane).
« au 18ème siècle, la ré appropriation
faite par les esclaves du panthéon de l’église
catholique apostolique et romaine est réelle et certains
tambours dédiés à des cérémonies
étaient secrètement baptisés du nom de saint
catholiques. Dans une de ces cérémonies, le plus
gros tambour (tambour mère) était dédié
à Sainte Rose, le marqueur (tambour père) à
Saint Isidor/Isador et le boula (le petit) à Saint Antoine.
» in Our Island Culture de Lennox Honychurch.
Faisant partie des expressions du culte Congo, au niveau de la
symbolique mystique des roses, il est plus que probable que le
mot Léwòz qui dans sa graphie française s’écrit
Lérose qui, lui, provient de « les Roses ».
Le culte à la Vierge Marie des Roses, à Notre Dame
du Rosaire etc.… dans l’exploitation du panthéon
catholique ou ces personnages déifiés ayant les
attributs de Oshun dans la Santéria qui se nomme Vierge
du cuivre à Cuba, Erzilie Wéda dans le Vaudou Haïtien,
Mamiwata dans le Vaudou Béninois et, Manmandlo dans notre
univers créole, indique très certainement un lien
entre notre pratique actuelle du Léwòz et cet espace
d’expression cultuel en soulignant toutefois que cette expression
est devenue profane de nos jours.
Léwoz au Komandman.
Type de léwòz ayant l’organisation de la contre
danse européenne avec uniquement des instruments de percussion
comme base rythmique.
Se dit aussi Léwòz Maçon.
Son cycle de jeu : Figures imposées (Léwòz,
Léwòz Maçon, Kaladja, Woulé) ; Figures
libres (Toumblack, Graj, Toumblack).
Similaire à la TUMBA FRANCESA jouée à Santiago
de Cuba.
LOCKEL Gérard.
Initiateur et théoricien du concept de Gwoka Moden’.
Lokans.
Bonne modulation, puissance de la voix.
LOYSON Robert.
Le plus grand Griot de l’univers gwoka.
Le chanteur et compositeur le plus visionnaire. (Décédé).
M
Majò.
Major. Maître mayoleur.
Makè.
- Instrument d’improvisation de base du gwoka. Membranophone
(tambour) muni d’une membrane en vibration par frappement
direct. Tambour mâle.
- Notification du rythme de base du tambour soliste dans tous
les types de rythmes de Guadeloupe.
Mas.
Vient du mot masque, masquerade, mascarade.
Mas a Kongo.
Expression du folklore indiquant un type de représentation
carnavalesque issu du rite Congo.
Mayolès.
Danse au bâton dont l’origine part très certainement
des représentations de la Calinda. ( Se pratique aujourd’hui
dans l’est de la Grande Terre- Le Moule notamment.
Mendé.(Menndé)
Rythme du gwoka. A l’origine, selon les dires de CARNOT,
Kristen AIGLE, ce rythme n’existait pas tel qu’il
est exploité de nos jours. Le mot nommait une soirée,
cérémonie spécifique, organisée par
une sosyété/nasyon et ou se jouait différents
rythmes de menndé.
Danse avec masque.
N
Napoléon MAGLOIRE dit Napo.
Maître du chant gwoka.
Nasyon.
Regroupement ethnique. Confrérie secrète. Sosyété.
(Père Labat - RP Dutertre etc...).
O
Ouvè laronn.
Littéralement : ouvrir la ronde. Se dit à l’assemblée
pour donner plus d’espace d’expression au danseur.
P
Pajanbel.
Voir Janbel.
Palé (fè tanbou palé).
Donner au tambour une sonorité cosmique dont les effets
se répercutent dans l’assemblée.
Pilé Kako.
Jeu de la tradition guadeloupéenne qui se pratique avec
des pierres au rythme d’une chanson. La technique consiste
à se passer les pierres entre six partenaires tant que
le chanteur n’a pas demandé de jouer à «l’anglaise».
R
Rèpriz.
Frappe ou groupe de frappes pour relancer le rythme.
Rara.
Crécelle. Idiophone par raclement.
Répondè.
Choriste utilisant la technique du chant responsorial.
René PERRIN.
Chanteur le plus complet de l’univers gwoka. Veillées
et Léwòz.
Ronron.
Jeu pratiqué par les esclaves et qui consistait à
montrer du doigt la direction contraire qu’indiquait le
meneur de jeu. Si on se trompait de sens, on recevait un coup
de ceinture.
S
Santiman Ka.
Expression originale de l’univers du gwoka contemporain
initiée par Edouard Ignol dit KAFE.
Sèk.
Cerclage des pièces du tonneau.
Senjan.
Rythme spécifique au carnaval populaire (Mas) issu de la
conurbation pointoise, plus particulièrement du Fond Laugier.
Ce rythme porte le nom de l’instigateur d’une de ces
mascarades. Sa base rythmique est proche du Mendé.
Etant actuellement une référence patrimoniale pour
de nombreux groupes de carnaval, il faut cependant le différencié
des rythmes d’autres groupes comme ceux de Zaro, Konkon,
Mokafa etc.…
Ce rythme est une ré appropriation de rythmes issus de
l’héritage afro-amérindien. Il se retrouve
en Colombie, Venezuela, Trinidad etc.… (culte de SHANGO).
Sirena.
L’épreuve physique consistant à soulever une
très grosse pierre.
Sisuit.
Rythme basé sur la notation musicale 6/8.
Siyak.
Cet instrument est confectionné à partir de trois
nœuds de bambou, le nœud du centre est strié
de rainures en vis-à-vis à l’aide de deux
ustensiles qui se rapprochent de la fourchette de table ou d’un
peigne afro. Le musicien raclera les parties rainurées
après avoir placé une extrémité de
l’instrument sur un mur par exemple et l’autre extrémité
reposera sur son ventre, cette position lui permet d’immobiliser
son instrument.
Solo.
Improvisation du marqueur (Makè).
SOSSO (Man).
Maîtresse de l’organisation et danseuse importante
dans l’univers du léwòz à Jabrun Baie-Mahault.
Mère de Guy Conquette.
Sosyété.
Voir Nasyon.
Sovévayan.
Jeu traditionnel de Guadeloupe consistant à mesurer
sa force en luttant contre différents adversaires.
Swaré Léwoz.
Voir Léwòz
T
Takout.
Rythme initié par le groupe TAKOUTA qui dans la fin des
années 70 a initié une vision de la percussion guadeloupéenne
plus poly rythmique. initiateur: Ady Gatoux, Michel Halley, Jocelyn
Hubel, Jean-Claude Sabine dit Marso, Camphrein dit Wisteng etc...
Tanbou.
Autre nom de l’Instrument rythmique de base du gwoka. Membranophone
(tambour) muni d’une membrane en vibration par frappement
direct.
Tanbou a dé bonda.
Membranophone muni de deux membranes mises en vibration par frappement
directe ou indirecte.
Par détournement linguistique, se dit d’une personne
qui change de parole en fonction des évènements.
Tanbou di bas.
Tambour Basque. Tambourin.
Tanbou o lwen tini bon son.
Le tambour a un très bon son en l’écoutant
de loin. Se dit généralement à l’attention
de musiciens non performants dont les fautes de jeu ne s’entendent
pas dans l’ensemble musical dès lors que le morceau
est entendu à distance.
Tam Tam.
Nom générique donné au tambour au 18ème
siècle.
Tibwa.
Idiophone par frappement. (Claves). Il tire son origine de la
présence d’éléments de l’ethnie
‘Adja-Ewé’ aux Antilles françaises.
Ceux-ci venaient des régions du Congo Togo, Dahomey, plus
principalement des régions côtières de l’Afrique
de l’ouest.
Tim Tim Bwa Sèk.
Terme utilisé pour lancer et relancer l’attention
du public par le conteur.
Tirènn LORAN.
Chanteur traditionnel important de la région des Abymes
et des Grands Fonds.
Triyang.
Triangle. Idiophone par frappement.
Toumblack.
Danse d’amour à caractère convulsif.
V
Valkata.
Charivari.
Véyé.
Rencontre communautaire qui peut prendre plusieurs aspects (Contes,
mortalité etc.…).
VELO.
Marcel Lollia, percussionniste ayant transcender l’univers
du gwoka. Il peut être considéré comme étant
le maître spirituel du jeu gwoka contemporain.
Vodou.
Contrairement à ce qui se dit, le vodou à bien existé
en Guadeloupe et fait partie intégrante du culte «
Congo » sinon nous serions les seuls dans la région
à ne pas avoir reçu cet apport culturel avant et
après l’abolition de l’esclavage en 1848.
Notre mythologie en atteste. Les traces subsistent encore dans
notre culture (exploitation des feuillages en bains, prières
aux saints et saintes du panthéon catholique, mythes et
traditions populaires etc...).
Manmandlo est la représentation créole de Mamiwata
(la mère de l’eau) du Bénin.
Vokal.
Chant.
Voukoum.
Bruit.
Mouvement culturel de la Basse Terre.
Regroupement communautaire lors d’une mortalité.
W
Wabap.
Onomatopée marquant la fin d’un morceau.
Waké lanmen.
Frapper les mains au rythme du tambour.
Woulé.
Rythme du gwoka.
Valse piquée saccadée appelée aussi «
Ballon ».
Wonn.
Ronde. Cercle virtuel autour duquel se placent les participants,
de part et d’autre des musiciens, lors d’une soirée
dédiée à la musique.
Z
Zanma.
Terme usité dans le domaine de la coupe de canne mais qui
est aussi utilisé comme expression signifiant «montage».
Le «montage étant considéré comme une
protection mystique, amulette, faite de feuillages aux vertus
protectrices. Le joueur portant cette amulette lors de ses représentations
musicales. Terme utilisé par Carnot mais que l’on
retrouve aussi chez d’autres musiciens.
Zel a ravèt.
Nom vernaculaire donné à une liane fine qui tressée
servait de cordage pour les tambours.
Zizipan.
Jeu traditionnel de Guadeloupe.
Se joue en particulier dans la zone des Grands Fonds.
Ce jeu se joue avec une tige de bois (parfois un coutelas) que
le meneur anime de bas en haut au rythme de la musique. Les joueurs
passant la main sous la tige en mouvement. Le but est de ne pas
se faire frapper.
Zoban.
Créolisation du français « hauban ».
Terme indiquant le cordage attachant la peau sur le tonneau.